Par Mário Feijoca, Guide local Google

Où manger à São Miguel : La vérité sur la gastronomie locale

 

Un phénomène silencieux est en train de transformer le paysage de São Miguel, et ce n'est pas le brouillard qui recouvre Furnas. C'est… gentrification gastronomique. Ce qui était autrefois d'authentiques ‘ casas de pasto ’ — des lieux de rencontre pour ceux qui travaillaient la terre ou faisaient le commerce du bétail — s'est transformé en véritables chaînes de montage pour les touristes.

Le prix de la gloire : 18 € pour un ragoût de bœuf ?

Le cas de Farias Ou encore Canto da Pia, anciennement connu sous le nom de “ Gilberto da Relva ”, parfait exemple de cette absurdité. Comment un restaurant traditionnel, qui servait jadis des repas copieux aux visiteurs de la foire aux bestiaux du jeudi, peut-il se mettre à facturer 18 euros l'assiette de ragoût de bœuf ? On parle de plats réconfortants, de plats mijotés, désormais vendus comme une ‘ curiosité touristique ’ à des prix d'hôtel.

Il est encore plus absurde de voir des guides et des forums classer Farias comme fruit de mer. Non, ce n'est pas le cas, et ça ne l'a jamais été. Dans le chaos de la croissance rapide, il semble que personne ne s'en soucie. à propos de la vérité Plus maintenant, il ne s'agit que de profit facile.

Le déclin des icônes : Bar Caloura et au-delà

Même les noms autrefois sacrés changent. Bar Caloura, Par exemple, l'établissement s'est reposé sur ses lauriers, surtout depuis le décès de son propriétaire l'an dernier. L'âme qui faisait de ces lieux des lieux emblématiques est en train d'être remplacée par une marque qui n'offre plus la même qualité.

Il en va de même pour le fameux steak de Associação Agricola. C'est une réputation d'antan. Aujourd'hui, c'est un lieu fréquenté presque exclusivement par des touristes. Le vrai problème ? Dans nombre de ces adresses “ célèbres ”, on ne sert même plus de viande locale. L'authenticité a été sacrifiée au profit de la quantité.

Pourquoi les habitants gardent des secrets : l'histoire de Rui

Nous, les résidents, avons atteint un point de rupture : nous n'osons plus recommander nos véritables spots. Si nous les partageons, nous n'aurons plus de place pour nous asseoir cet été. C'est le “ syndrome du Bairro Alto ” qui frappe les Açores.

Prenons l'exemple de O Rui, l'ancien propriétaire du célèbre Une Tasca. Il a fini par vendre l'établissement, exaspéré. Il me l'a confié lui-même dans son nouveau restaurant : il voulait retrouver l'essence même de sa cuisine. Dans son nouvel espace, il n'accepte pas les réservations. Il cherche à échapper aux circuits touristiques. Même après un hiver fructueux fréquenté par les locaux, il réserve des tables à sa clientèle habituelle. Il a privilégié la fidélité à la ruée vers l'or touristique.“

Le ressentiment hivernal

De nombreux restaurants refusent désormais les listes d'attente car, en hiver, ils sont pénalisés par les locaux. Ces derniers, se sentant délaissés durant la haute saison, cessent tout simplement de venir. C'est un cercle vicieux d'avidité qui éloigne les habitants qui vivent ici à l'année.

Comment trouver la véritable âme des Açores ?

Comme on dit au Portugal, “ Si nous aimions tous la même chose, le monde serait un endroit ennuyeux. ” Les goûts sont subjectifs, mais l'honnêteté ne devrait pas l'être. C'est triste de voir les touristes mentionner les mêmes endroits — précisément ceux que nous, les locaux, dédaignons parce qu'ils ont délaissé la qualité au profit du service rapide.

La véritable gastronomie de São Miguel existe toujours, mais elle ne se trouve pas dans les menus à 18 euros qui tentent de transformer les plats du quotidien en un luxe artificiel. Elle réside dans le silence des établissements qui respectent encore le pot, le temps et la clientèle locale.

Pour atteindre ces lieux authentiques cachés dans les villages, vous aurez besoin de la liberté d'un location de voitures.

Conseil local : Si vous voulez découvrir l'âme de l'île, cherchez les endroits où il n'y a pas de file d'attente et où le prix reflète la qualité du plat, et non la cupidité du marché.

Le touriste dans le pot
Illustration satirique d'un extraterrestre assis dans une marmite traditionnelle des Açores, tenant des billets en euros. Quand la cuisine traditionnelle devient une " curiosité touristique " hors de prix, à qui profite-t-elle vraiment ?
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